Les spécificités de la descendance américaine de l’Olympia de Manet (« Quand l’Olympia rencontre Washington, re-cadrages américains de Leutze et de Manet »)

1 Mai

            Véronique Béguain, l’auteur de l’article sur lequel nous allons nous pencher («  Quand l’Olympia rencontre Washington, re-cadrages américains de Leutze et de Manet », p.135 à 152), s’intéresse dans ce dernier à deux icônes de l’art revisitées de nombreuses fois par les artistes américains qui ont comme points communs d’être toutes deux « transgressives et jouant sur les oppositions », ou plutôt aux œuvres picturales américaines au delà du XXIèmes siècle s’en inspirant. Ces deux œuvres « matrices » sont les suivantes : Washington Crossing the Delaware d’Emanuel Leutze (1851, huile sur toile, 378,5×647,7cm, Metropolitan Museum of Art, New York) et L’Olympia de Manet. Dans le cadre de notre réflexion centrée sur l’Olympia, nous nous intéresserons à la seconde partie de son article centrée sur l’Olympia et ses avatars américains de la seconde moitié du XXème siècle.
          L’auteur rappelle que si l’Olympia de Manet s’est vu l’objet de nombreuses transformations et interprétations, elle résulte elle même d’une appropriation puisque Manet s’inspire de la Vénus d’Urbin du Titien pour réaliser son œuvre. L’auteur, à dessein, laisse de côté les œuvres de Cézanne (Une Moderne Olympia, 1873-1874) de Picasso (Parodie de l’Olympia, 1901) ou encore de Dubuffet (Olympia, 1950) car son propos est de mettre en lumière « les spécificités de la descendance américaine » de l’Olympia de Manet.
Ainsi, elle s’intéresse en premier lieu à l’œuvre de Larry Rivers : I like Olympia in Black Face de 1970. Larry Rivers opère un recadrage de l’Olympia de Manet en lui apportant une dimension politique. En effet à travers ce « redoublement du motif » et une « inversion du noir et du blanc » (affectant l’Olympia, la servante, le chat et le drap du lit), Larry Rivers semble percevoir dans le tableau de Manet une « vision raciste implicite » Mais la vraie cible de la parodie de Larry Rivers n’est bien entendu pas Manet mais bien « les stéréotypes qui gouvernent la représentation des noirs dans l’art occidental […] voir dans la société américaine ».
          Une fois cette analyse de l’œuvre faite, l’auteur se penche sur son titre même. Cette analyse du titre qu’elle opère pour chaque œuvre est extrêmement intéressante; elle souligne ainsi l’importance de l’attribution du titre de l’œuvre qui, pour ces œuvres datant de la seconde moitié du XXème siècle est opérée par l’artiste lui même donc fait partie intégrante de l’acte créateur. En effet, si les titres de la majeure partie des œuvres de la Renaissance par exemple sont attribués a posteriori, ceux des artistes contemporains ne sont pas simplement descriptifs mais condensent des significations et invoquent des références qui procèdent de la volonté de l’artiste. L’auteur les analyse avec brio. Si dans le titre de son œuvre, Rivers semble suggérer une dimension ludique à travers son « I like », la dimension critique est bien présente car nous sommes dans un contexte historique particulier, celui des années 60 aux États Unis. D’autre part, Rivers affirme une certaine parenté avec le Pop Art puisque, comme Andy Warhol, il opère ici un « travestissement d’icône ». L’emploi du « I » montre ainsi que l’artiste est conscient de s’inscrire dans une continuité de transformations réalisées à partir d’une œuvre maitresse (Cézanne, Picasso, Dubuffet…) Puis, l’auteur s’attarde sur le chat qui avait été perçu à l’époque de Manet comme une provocation (le parallèle avec le sexe féminin étant implicite) et note que Rivers, en le figurant en blanc, lui retire sa « dimension subversive ».
          Puis, Véronique Béguain poursuit sa réflexion en se penchant sur Manet’s Olympia de Mel Ramos datant de 1974. Elle note que l’artiste s’inscrit ici plus clairement dans le courant Pop Art et rappelle les propos de Georges Roque «: « Mel Ramos fait subir à Manet, ce que celui-ci avait fait subir au Titien, en représentant Olympia en accord avec les canons de son époque » puisqu’ici Olympia apparaît clairement comme une pin-up. Puis l’auteur souligne un point très intéressant : la référence explicite à l’œuvre de Manet présente dans le titre même, suggère que l’œuvre de Ramos  nous permet d’avoir une nouvelle approche de l’Olympia de Manet, à travers son regard d’artiste.
          Puis elle s’intéresse à trois œuvres de Jean-Michel Basquiat qui porte un intérêt tout particulier à la représentation conventionnelle des noirs. Deux titres sont éloquents ; Three Quarters of Olympia minus the Servant (1982) et Sans Titre (Detail of maid from Olympia) (1982). Basquiat s’intéresse « aux cadres de représentation du noir et du blanc dans la peinture occidentale comme dans la société américaine ». Puis elle se penche sur la troisième oeuvre ; qui ne contient pas dans son titre la référence à L’Olympia et note que Basquiat couple ici deux icônes de la peinture occidentale : la Joconde ( de Léonard de Vinci) et l’Olympia. Dans l’œuvre de Basquiat, le fond noir présent dans l’Olympia de Manet a envahi la toile et la blanche Joconde de Vinci s’en détache clairement.
          Enfin, dans la fin de son article, Véronique Béguain évoque une série de tableaux de Sam Messer qui a fait de la machine à écrire de Paul Auster (grand écrivain et ami de ce dernier) « une figure héroïque ». Cette obsession de la machine à écrire de son ami Paul Auster, donnera en effet lieu à la réalisation d’une série de tableaux dont elle est le sujet principal, peintures qui mèneront à la publication d’un ouvrage : L’histoire de ma machine à écrire dans lequel l’art du peintre est lié à l’art de l’écrivain puisque Paul Auster a écrit lui même le texte de cet ouvrage. Dans ces tableaux, parfois la référence à l’Olympia se trouve dans le titre de l’œuvre (ou même dans l’oeuvre elle même) mais quand cela n’est pas le cas, le lien avec l’Olympia est plus que difficile à percevoir. Toutefois, découlant du motif de la série, l’auteur note un premier parallèle : l’obsession de Messer pour la machine à écrire peut être mise en parallèle avec l’obsession dont l’Olympia fait l’objet au regard de la déclinaison des œuvres du XXème siècle qu’elle a suscitée.
          Elle se penche pour finir sur Silent (une des œuvres de Sam Messer) où figure une machine à écrire et dans laquelle la palette chromatique a été réduite au blanc et au noir. Elle n’a a priori pas grand lien avec l’Olympia de Manet. La référence est toutefois présente à travers la réduction de la représentation à des lignes (les « axes horizontaux et verticaux » étant mis en relief dans l’œuvre de Manet) et par le jeu sur le noir et le blanc qui rappelle le travail sur le noir et le blanc de Manet.
Nous finirons l’analyse de ce riche article en citant directement son auteur car elle est au cœur même de la réflexion que nous voulons mener à travers ce blog de recherche : « Olympia demeure ainsi, à la faveur de sa métamorphose en machine à écrire, comme le symptôme d ‘une obsession de l’art par l’art ou, dans d’autres termes, d’une interrogation constante, dans le cadre que se donne la peinture, des limites dudit cadre » (p149).

           L’article sur lequel nous venons de nous pencher : «  Quand l’Olympia rencontre Washington, re-cadrages américains de Leutze et de Manet » figure dans un livre ( de la page 135 à 152) qui rassemble plusieurs articles : Cadres et limites dans les sociétés, les littératures et les arts en Amérique du Nord sous la direction d’Yves-Charles Grandjeat. Ce livre est disponible sur Google Books qui est un service de consultation de livres numérisés à fin commerciale.
Google Books (ou Google Livres), lancé en 2004, permet de rechercher et de découvrir des livres. En effet les livres sous droits d’auteur ne sont pas disponibles intégralement mais l’internaute peut consulter des extraits de ce livre et, s’il est intéressé, a à sa disposition un lien le renvoyant vers un site permettant de se le procurer en version papier et un autre lui permettant de le trouver en bibliothèque (le lien pour notre ouvrage par exemple nous renvoie au site Sudoc qui est un catalogue de bibliothèques fiable). Quand aux livres tombés dans le domaine public, nous pouvons les afficher intégralement et les télécharger. Notons que notre article figure dans un ouvrage sous droits d’auteur mais il est tout de même visible intégralement. De plus Google Books a un projet bibliothèque qui mérite notre attention : celui de travailler en collaboration avec des bibliothèques importantes pour inclure leurs fonds dans l’index Google Recherche de Livres. Si ce site a sans conteste des fins commerciales, il faut toutefois souligner son intérêt car il s’avère être un bon moyen pour faire connaitre de nouveaux livres au lecteur et constitue une vitrine nouvelle pour les éditeurs à la recherche de nouveaux lecteurs.

Bilan

1 Mai

En tant qu’étudiantes en histoire de l’art de deuxième année nous devions réaliser un blog de recherche sur un sujet donné, nous avons choisi de nous centrer sur lOlympia de Manet ; en nous intéressant à sa genèse, aux réactions qu’elle a suscitées et à la façon dont elle est entrée dans la mémoire collective et dont les artistes (de Cézanne à ceux qui nous sont contemporains) se sont réapproprié cette oeuvre qui est devenu un véritable motif.

Cette expérience nous a permis d’approfondir nos connaissances en matière de ressources numériques. En effet, nous avons découvert ou redécouvert des sites, comme Persee, JStor, Universalis, Cairn.info, Erudit.org, qui mettent en ligne des articles universitaires et/ou scientifiques, accessibles à tous qui se sont révélés d’un grand intérêt dans le cadre de notre réflexion autour de l’Olympia de Manet mais aussi plus largement dans le cadre de nos études en Histoire de l’art. Nous avons également remis en cause certains de nos préjugés  sur des sites parfois discrédités comme Wikipédia. Par exemple,  l’article concernant Yasumasa Morimura (en langue anglaise) est tout  fait convenable. En recoupant les informations avec d’autres sites nous avons pu prendre en compte les données de Wikipédia et ainsi reconsidérer leur valeur. Nous avons également découvert des sites comme Resource Library, qui met en ligne gratuitement des articles, tout comme Persee ou JStor, mais qui est bien moins connu.

Toutes ces ressources nous ont permis d’élaborer une véritable réflexion autour de la célébre Olympia de Manet et ce depuis sa genèse. En effet nous avons vu qu’il s’était inspiré de la Vénus d’Urbin de Titien, et de la Maja desnuda de Goya. Nous avons également pu percevoir pourquoi l‘Olympia a fait un tel scandale lors de son exposition au Salon des Refusés en 1865.

 Ce qui nous a particulièrement interpellé est la façon dont cette œuvre a tout de suite éveillé les curiosités et suscité à son tour des créations originales. On voit une véritable émulation autour de cette Olympia. En effet dès 1873, Cézanne en propose une réinterprétation sulfureuse.

Pour conclure, l’Olympia apparait comme un chef-d’œuvre  qui n’a pas manqué d’inspirer les différentes générations d’artistes et ce en France mais aussi au niveau mondial. En effet Larry Rivers, Jean Michel Basquiat, Mel Ramos ou encore  Yasumasa Morimura l’ont réinterprétée, tous avec un regard porté sur l’oeuvre singulier et des intentions différentes. Il résulte de ces diverses appropriations  des créations tout à fait différentes mais intimement liées à l’Olympia de Manet qui s’illustre ainsi comme une véritable matrice suscitant la création.

Les relations entre Cézanne et Manet

25 Avr

Comme nous l’avons déjà évoqué dans l’un de nos article, Cézanne a réalisé une œuvre en s’inspirant directement de l’Olympia de Manet. Nous avons trouvé une vidéo sur Dailymotion qui permet de nous éclairer sur les relations entre les deux peintres et en particulier sur la manière dont se plaçait Cézanne par rapport à Manet.

Vidéo « Petites phrases, grandes histoires : Manet, Cézanne « , auteur : Jean Paul Fargier et Laurence Madeline, réalisateur : Marie Balducchi, mis en ligne par : musee-orsay, le 31 mai 2011, durée : 05:04min

La vidéo se trouve donc sur Dailymotion, site qui permet de mettre en ligne des vidéos. C’est un site français d’hébergement, de visionnage et de partage de vidéos. La majorité des vidéos sont donc accessibles par tous les internautes. Seules certaines vidéos dont le contenu est restreint ne sont accessibles qu’aux inscrits. L’inscription est cependant gratuite et rapide. Le but principal est la très large diffusion des contenus mis en ligne.  Les contenus sont libres de droit car Dailymotion possède un service qui filtre tout ce qui est protégé ou interdit. Cependant, l’exactitude des contenus n’est pas pour autant vérifiée et ce n’est pas un site à portée scientifique. Dailymotion est l’un des sites les plus visité au monde mais surtout en France même s’il ne peut rivaliser avec son pendant américain, Youtube

La vidéo que nous étudions a été mise en ligne par la chaîne officielle du musée d’Orsay, musee-orsay, le 31 mai 2011. C’est en effet une coproduction entre le musée d’Orsay, Ex Nihilo et la réunion des musées nationaux (RMN). Elle appartient à la série « Petites phrases, grandes histoires » qui se propose de partir d’une petite phrase anecdotique pour explorer une notion d’histoire de l’art du XIXème siècle à partir d’oeuvres conservées au musée d’Orsay, le tout en quelques minutes, ici 5min04. La vidéo a été écrite par Jean-Paul Fargier, cinéaste, et Laurence Madeline, conservatrice au musée d’Orsay et commissaire de l’exposition sur Picasso et Manet. Le directeur artistique est Jean-Paul Fargier et la productrice est Marie Balducchi de la société Ex Nihilo. Ce projet est une initiative qui fait partie du service culturelle et éducatif du musée d’Orsay.

La vidéo revient donc sur les relations entre Cézanne et Manet à partir de la phrase prononcée par Cézanne au café Guerbois alors qu’il refuse de serrer la main de Manet : « Je ne vous serre pas la maing Monsieur Manet, je ne me suis pas lavé depuis huit jours ». Alors qu’ils appartiennent au même milieu artistique, qui n’entre pas dans les rangs de l’Académie de peinture, Manet et Cézanne sont très différents. Manet est plus vieux et reste très bourgeois, Cézanne est beaucoup moins conventionnel et a plus un aspect « d’artiste peintre ». Cette phrase donc, permet de montrer la défiance de Cézanne vis à vis de son aîné. Manet est source d’émulation pour Cézanne qui entreprend, avec quelques œuvres, de rivaliser directement avec lui. La vidéo revient sur deux œuvres de Manet reprise par Cézanne : l’Olympia et le Déjeuner sur l’herbe. Elles font toutes deux scandale à cette époque.

Nous allons particulièrement nous intéresser à la première œuvre. Cézanne reprend l’Olympia de Manet qui, déjà de son vivant, se fait sentir comme le peintre de la modernité. Cézanne appelle ainsi son tableau, avec une certaine provocation, Une moderne Olympia. Elle est réalisée en 1873-1874. Il reprend les mêmes éléments : la femme nue, la servante noire, le chat noir et le bouquet de fleur. Cependant, dans Une Moderne Olympia, le regardeur est directement dans le tableau, celui que l‘Olympia de Manet semble défier, est représenté chez Cézanne. De plus, tout dans son œuvre est en mouvement contrairement à celle de Manet qui se caractérise par un fort immobilisme. Selon les auteurs de la vidéo, c’est pour un réalisme plus fort que Cézanne a intégré ces éléments dans le tableau. Il cherche à faire mieux, plus réaliste et plus moderne que Manet.

Cette vidéo permet d’évoquer rapidement et de manière ludique les relations entre deux artistes du XIXème siècle. Nous pouvons donc voir que Cézanne cherchait à dépasser Manet. Il a reprit des œuvres célèbres par leur scandale du peintre et a essayé de faire mieux. Ses œuvres ont fait un scandale aussi mais sont aujourd’hui moins célèbres que celles qui les ont inspirées.

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« Le corps morcelé : l’enveloppe épidermique et le vêtement comme forme d’érotisation dans l’art « , Le regard de l’Olympia

24 Avr

          Que l’on soit bouleversé, touché, surpris, perplexe devant une œuvre d’art, sa contemplation implique toujours une interaction ou tout du moins une confrontation entre nous (spectateur) et l’œuvre d’art qui s’offre à nous.
Nous nous sommes intéressées à l’article « Le corps morcelé : l’enveloppe épidermique et le vêtement comme forme d’érotisation dans l’art » de Jocelyne Lupien extrait de la revue Espace Sculpture, n° 23, 1993, p. 25-29 car l’auteur propose une approche originale de l’œuvre d’art puisqu’elle propose une réflexion (à travers l’étude de différentes œuvres d’art dont l’Olympia de Manet) en considérant « l’expérience esthétique comme un lieu de projection de l’être ». 
Avant de se focaliser sur certaines œuvres d’art elle commence par quelques réflexions préalables justifiant sa démarche qui sont les suivantes ;
Il est étonnant de noter que nous ne possédons pas une image nette et précise de notre propre corps. De plus cette image n’est ni unique ni immuable puisqu’elle n’est pas stable. En effet l’image mentale que je me fait de mon propre corps n’est pas fixe et change constamment. De plus, l’image du corps n’est pas indépendante de l’espace qui l’entoure mais bien liée à la perception de l’espace. (En effet, le corps occupe nécessairement un espace.) L’image mentale que nous nous faisons de notre propre corps dépend aussi de notre vie émotionnelle.
A partir de ces considérations, l’auteur nous propose de nous intéresser à « certaines représentations picturales et sculpturales du corps en tant qu’images du corps et d’étudier l’espace qui entoure et concourt à définir ces images du corps ». Elle nous explique que le spectateur est amené à projeter et comparer cette image du corps plastique offerte par l’œuvre d’art à l’image mentale qu’il se fait de son propre corps. Vous vous demandez sans doute quand nous allons enfin nous pencher sur le cas de notre Olympia ou plutôt sur le corps nu de l’Olympia, patience nous y venons…
           En effet, l’auteur dans la suite de son article choisit (semble-t-il plutôt arbitrairement) des œuvres de diverses époques qui fournissent des images variées de corps. Parmi ces œuvres choisies, elle se penche sur celle qui nous intéresse tout particulièrement : l’Olympia de Manet ou plus précisément elle se penche sur « les yeux de l’Olympia ».
Nous allons résumer son propos (même si l’idéal est bien entendu de lire son article) en apportant quelques réflexions au regard de nos connaissances de l’œuvre.


           Le regard de l’Olympia de Manet a beaucoup retenu l’attention des critiques : en effet elle arbore un regard assez cru, impudique qui semble presque défier le spectateur. Or, phénomène assez dérangeant pour le spectateur qui lui fait face ; la dureté de son regard met à distance le corps de cette jeune femme alors même que sa nudité le dévoile. En effet elle aurait détourné les yeux, nous n’aurions pas été gênés d’observer sa nudité offerte car nous n’aurions pas à nous confronter à son regard assuré. L’auteur souligne ainsi un point intéressant : nous revenons toujours au regard de l’Olympia, en effet nous pouvons bien sûr observer l’œuvre dans ses moindres détails mais nous revenons inévitablement à cette confrontation car ses yeux nous attirent. Ils nous attirent, il est vrai, mais nous repoussent en même temps car ils sont le vecteur de la confrontation avec l’autre (l‘Olympia).
D’autre part, à travers le point de vue frontal que nous avons de ce corps nu, c’est une image corporelle entière qui s’offre à nous et non morcelée. La distance nous séparant de l’Olympia est telle (nous ne sommes ni trop proches, ni trop éloignés) que nous pouvons la percevoir dans sa totalité.
Et l’auteur termine sa réflexion sur l’Olympia en notant que l’image du corps de la jeune femme ne reste pas dans ses limites « épidermiques ou proprioceptives » (de sa propre perception) mais se prolonge dans l’espace pictural puisque les draps du lit sur lesquels elle est mise en scène l’habillent et puisque, par un rappel subtil de couleurs chairs,  Manet a lié l’image de l’Olympia à des éléments  qui lui sont extérieurs comme les draps du lit ou le vêtement de la servante.
 La suite de l’article est consacré à l’étude d’autres œuvres d’art qui mettent en jeu l’image du corps dans l’art. Bien qu’elles n’aient pas de lien direct avec l’Olympia, nous vous invitons à oser leur lecture qui s’avère tout aussi intéressante.

          Cet article, tiré d’une revue culturelle est précisément référencé (puisque de nombreuses notes nous renvoient aux ouvrages mentionnés.) La lecture de cet article nous a permis de découvrir une plateforme d’une grande richesse : Érudit qui est un portail de revues sans but lucratif fondé en 1998 regroupant 3 universités (de Montréal, Laval et du Québec à Montréal). Elle propose l’accès libre (gratuit) à  »  plus de 80 revues savantes, 27 revues culturelles, une cinquantaine de livres et actes, 30 000 mémoires et thèses, et près de 3 000 documents et données provenant de centres de recherche subventionnés par le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FQRS). » Notons que si les articles numérisés sont accessibles gratuitement Érudit a tout de même allié l’accès libre et l’accès filtré : pour le dire simplement, il faut attendre 2 ans pour accéder gratuitement aux revues savantes et 3 ans pour les revues culturelles. Ce choix a sans doute été fait pour assurer une rentabilité économique aux auteurs et ne pas concurrencer les maisons d’édition. Ainsi, les revues bénéficient d’une diffusion internationale et les internautes peuvent bénéficier de l’accès gratuit à des articles de qualité. Concernant la recherche d’articles, elle propose une recherche par mot clé ou par thématiques. Elle constitue donc un portail qui s’avère tout aussi riche en ressources pour le chercheur que pour l’amateur curieux.

 

Biographie d’Edouard Manet

20 Avr

Pour faire cette biographie nous nous sommes appuyées sur un article du site Encyclopedie Universalis, site que nous commentons dans l’article sur Cézanne. L’article biographique sur Manet a été rédigé par Eric Darragon, professeur d’Histoire de l’Art Contemporain à l’université Paris 1 – Panthéon Sorbonne et auteur d’ouvrages sur le peintre.

« Leur oeil se fera » peut être considéré comme le mot d’ordre de ce peintre qui n’a cessé de créer la controverse tout au long de se carrière mais qui est internationalement reconnu aujourd’hui.

Manet est né en 1832 et mort en 1883 à Paris. Il est le fils d’un magistrat parisien. Contrairement à d’autres artistes du XIXème siècle, Manet a toujours été attaché à son appartenance à la bourgeoisie parisienne. Il appartenait à ce que nous appelons aujourd’hui, le groupe des impressionnistes. Il ne menait pas pour autant la même vie que tous les membres et nombreuses de leurs idées divergeaient. Nous avons étudiés plus en détails les relations qu’il entretenait avec Cézanne par exemple dans deux articles : Cézanne, La moderne Olympia et Les relations entre Cézanne et Manet.

Bien qu’il n’en ait jamais eu véritablement l’intention, ces oeuvres se sont toujours confrontées aux règles et aux conventions de son époque en créant l’ire du public et de l’Académie. Manet peut être qualifier de peintre du progrès, avec les différents aspects, positifs et négatifs, de ce terme. Il était précurseur mais peut être trop en avance pour être compris à sa juste valeur. Il est désormais sacré comme « le peintre de la modernité », en témoigne l’exposition rétrospective de 2011 au musée d’Orsay intitulée : « Manet, inventeur du moderne ».

Sa carrière est faite de scandales, en commençant par le Déjeuner sur l’herbe exposé au Salon des Refusés de 1863, puis l’Olympia réalisée en 1863 mais montrée au public que deux ans plus tard, pour ne citer que ceux qui nous intéresse principalement.

Manet s’attaque à tous les genres mais garde une préférence pour les sujets en relation avec la classe bourgeoise. Il s’est illustré dans le portrait, dans ce qui pourrait correspondre à des scènes de genre, dans des oeuvres traitant d’évènements historiques qui lui sont contemporains et bien d’autres. La classification des genres perdant sa légitimité, il est difficile de catégoriser les oeuvres de l’artiste. Sa production est néanmoins éclectique et fournie.

Son rapport à ses contemporains a toujours été ambigu. Il n’a jamais eu de commandes officielles de l’Etat et il n’a pas participé à l’Exposition Universelle de 1878 car il n’est pas assez Académique.  Certaines de ses expositions ont été un échec tandis que celles organisées alors qu’il est moins présent sur la scène artistique ont été plus fréquentées. Manet est un peintre controversé mais demandé. Il est reconnu malgré les oppositions qui lui sont faites. Les expositions de ses oeuvres à la fin de sa vie ont de plus en plus de succès. Eric Darragon parle de l’exsposition dans son atelier en 1876, puis dans les locaux de la revue la Vie moderne et enfin celle qui marque sa reconnaissance en tant que grand artiste de son temps, celle au Quai Malaquai un an après sa mort (évoquée dans un de nos articles). Toutes ces expositions ont rencontré un vif succès.

Malgré une carrière faite d’incompréhension avec son public, Manet meurt en 1883 dans la reconnaissance de ses contemporains et inscrit son nom dans la prospérité.

Chronologie

20 Avr

                Notre étude se porte sur l’Olympia de Manet à travers le temps. Ainsi nous étudions les influences que Manet a eues pour réaliser son Olympia, mais également les artistes qui ont été influencé par Manet, et la façon dont son tableau est passé dans la mémoire collective. C’est pourquoi nous avons décidé de réalisé une chronologie à l’aide de Timeglider afin de rendre notre propos plus claire. Ce site nous a permit de réaliser une frise chronologique.

1538 : Titien réalise la Vénus d’Urbin, une huile sur toile, de 119 cm × 165 cm, qui est actuellement conservé à Florence à la Galerie des Offices. Nous voyons très bien le motif de la femme allongée dans ce tableau qui sera plus tard repris par Manet.

-1800-1803 : Goya peint la Maja desnuda, une huile sur toile, mesurant 97 cm × 190 cm, conservé au Musée du Prado à  Madrid. Ici encore c’est le motif de la femme allongé qui intéresse Manet et sans doute la façon dont elle regarde le spectateur.

23 janvier 1832 : C’est la naissance de Manet à Paris.

1862 : Manet réalise le déjeuner sur l’herbe, une huile sur toile, de 208 × 264 cm, actuellement conservé au Musée d’Orsay à Paris. Cette toile fait déjà scandale auprès des contemporains du fait de la présence femme nue.

1863 : Manet peint lOlympia, une  huile sur toile, mesurant 130x190cm, et conservé au Musée d’Orsay à Paris. Cette toile fait l’objet de notre étude et de ce blog.

1873-1874 : Paul Cézanne réalise une moderne Olympia, une huile sur toile, de 46 x 55 cm, actuellement conservé à  Paris au Musée d’Orsay. Plus qu’une influence c’est dans un esprit d’émulation avec Manet que Cézanne réalise cette toile. Cette toile fait l’objet d’un article de notre blog.

30 avril 1883 : Edouard Manet meurt à Paris.

1970: Larry Rivers réalise I Like Olympia in Black Face. On voit ici la représentation de l’Olympia de Manet puis le renversement de couleur entre Olympia et sa servante. Cette œuvre fait l’objet d’un article de notre blog.

-1988-90 :  : Yasumasa Morimura, realise Self-Portrait as Art History, une œuvre où l’artiste se met en scène et se photographie en Olympia. Cet artiste ainsi que son œuvre fait l’objet d’un article de notre blog.

           Timeglider est un site qui nous permet de réaliser une frise chronologique. Nous pouvons sur cette frise pointer des événements à l’aide de différents icônes et y ajouter des images et des compléments d’informations. Les évènements peuvent être classé en fonction de leur importance, ainsi ils seront plus ou moins haut les uns par rapport aux autres. Dans cet esprit il est également possible de régler la taille des images associées aux évènements.

                Le site définit sa mission comme il suit « To revolutionize time keeping, planning, and the experience of history with a vehicle for exploring time that feels rugged, subtle, and profoundly easy to use.” Ce qui signifie “Révolutionner la garde de temps, la planification et l’expérience de l’histoire avec un véhicule pour explorer le temps qui se veut robuste, subtil et profondément facile à utiliser. ».

                Notons que les frises réalisées peuvent être partagées publiquement ou utilisé à des fins privés. Nous avons trouvé ce site très facile d’accès et simple à utiliser. Il est cependant dommage qu’il soit impossible de réalisé des coupes dans les frises, ou des zooms sur certaines périodes. Ainsi notre frise ne comporte aucun évènement pendant trois siècles mais une multitude au XIXe siècle.

La reconnaissance de l’Olympia et de Manet peu de temps après sa mort

17 Avr

Des documents témoignant de la reconnaissance de Manet par ses contemporains sont disponibles sur Gallica.

Nous allons donc d’abord vous présenter ce site. Gallica est la bibliothèque numérique de la BnF (Bibliothèque nationale de France) et a vu le jour en 2008. Cette base de données permet aux internautes d’accéder aux ouvrages numérisés par la BnF et les bibliothèques partenaires du projet. Gallica constitue une grande réserve du patrimoine numérique, majoritairement français. La totalité de ce qui s’y trouve est accessible gratuitement car Gallica ne numérise que des ouvrages libres de droits où dont ceux ci ont été négociés. Pour accéder à tout ce patrimoine numérique, il suffit de s’inscrire gratuitement sur le site. Certains ouvrages numérisés par des partenaires sont accessibles sous d’autres conditions.
Gallica met à disposition des lecteurs une visionneuse  permettant de feuilleter virtuellement certains ouvrages ce qui est très agréable et utile, entre autre pour les manuscrits. Nous pouvons ici visualiser l’article que nous évoquons par la suite grâce à la visionneuse.

Les ouvrages peuvent être disponible en mode image ou en mode texte. Ce dernier mode permet la recherche plein texte, cependant elle n’est pas encore généralisée sur le site mais est signalée lorsqu’elle est possible. Certains ouvrages peuvent être téléchargés.

Les ressources disponibles sont sur différents types de supports : il y a des textes imprimés, des manuscrits, des images (gravures, dessins…), des documents audio, etc. Et les sources sont diverses : presse, romans, encyclopédies, ouvrages de recherche…  Des partenariats sont faits avec des bibliothèques municipales ou spécialisée, Cyberlibris, l’INHA, etc.

Le but visé par cette bibliothèque numérique est de faire « une bibliothèque encyclopédique et raisonnée, représentative des grands auteurs français et des courants de recherche et de réflexion par delà les siècles » (site de la BnF). Cette démarche vise aussi à sauvegarder numériquement tout ce patrimoine.

Pour de plus ample informations la charte documentaire de Gallica est consultable en ligne.

La BnF a le soutien du centre national du livre dans ce projet.

Le projet est ambitieux mais très intéressant et utile pour tous. Cependant, de nombreux ouvrages ne sont en réalité pas accessible, le site bug ou l’internaute est renvoyé vers un site payant. La recherche plein texte n’est pas encore majoritaire. Il reste encore beaucoup d’ouvrages à numériser et cette charge de travail est énorme.

Concernant notre sujet, nous pouvons trouver sur Gallica de nombreux article parlant de l‘Olympia. Nous y avons notamment trouvé les propos de Michel Leiris cités dans l’un de nos article.

Des estampes de l’oeuvre datant de 1867 sont disponibles. Elles ont été mises en ligne par l’INHA.

Nous savons que l’Olympia a reçu une forte critique lors de son exposition au Salon de 1865. Nous nous appuierons sur un périodique qui a commencé à paraître en 1859 : La Gazette des Beaux-Arts.  Aucun article dans en 1865 ne parle de l’Olympia de Manet qui a pourtant été un grand scandale.

Nous nous appuierons donc sur un article plus tardif publié en 1884, deux ans après la mort de Manet. Il est écrit par Louis Gonse, l’un des rédacteur en chef de La Gazette des Beaux-Arts, à l’occasion d’une exposition sur le peintre au quai Malaquais. L’article est disponible à partir de la page 133 des numéros de 1884, il appartient au numéro du mois de février.

Cet article et cette exposition mettent en évidence la reconnaissance de Manet dès 1884. En effet, alors que le peintre a crée la controverse durant toute sa carrière, il bénéficie d’une exposition rétrospective dans une salle « officielle » deux ans seulement après sa mort. Le rédacteur insiste sur cette aspect. Il loue certaines oeuvres de Manet et est plutôt positif vis à vis de cette exposition. Cependant, l’Olympia ne fait pas partie de celles qu’il affectionne. Il en parle à la page 140 de l’édition numérique.

Selon lui cette oeuvre est très mauvaise. Elle est invraisemblable, la composition est étrange et le dessin mauvais. Il trouve que la servante est ce qui est le mieux fait. Selon lui, l’oeuvre a été montrée au Salon de 1865 uniquement grâce à sa célébrité. Il n’écrit que quelques lignes sur l’oeuvre mais il nous montre qu’elle lui déplaît profondément.

Cette critique de l’Olympia permet de nous montrer que malgré la reconnaissance du peintre, ce n’est pas l’intégralité de ses oeuvres qui sont reconnues. Manet est célèbre et accepté par l’Académie mais toutes ses oeuvres ne font pas l’unanimité. Même au bout de vingt ans, l’Olympia reste très fortement critiquée par les contemporains de l’artiste.

Yasumasa Morimura

2 Avr

Yasumasa Morimura, Self-Portrait as Art History, 1988-90

Yasumasa Morimura est un artiste japonais qui se plait à revisiter l’histoire de l’art. En effet il reprend les chefs-d’œuvre de la peinture où apparaissent des femmes et se substitue au personnage principal, le tout à l’aide de la photographie.

Yasumasa Morimura est né à Osaka au Japon en 1951. Il fait ses études aux Beaux-Arts de l’université de Kyoto vers 1978. La première exposition qui lui est entièrement consacré remonte à 1983, elle se fait à Kyoto à la Galerie Marronnier, il faut attendre 1991 pour que l’artiste ai une exposition à la Thomas Segal Gallery à Boston, puis à la Luhring Augustine, à New York. C’est la première attestation de son travail en dehors de son  pays, et ceci va emmener sa carrière à l’international.

En 1996, il fait une série d’autoportrait où il pastiche les plus grande stars, comme Audrey Hepburn, Marilyn Monroe, ou encore Brigitte Bardot. En 2001, avec son exposition Self-Portraits: An Inner Dialogue with Frida Kahlo, Luhring Augustine, New York. Il reprend l’œuvre de la mexicaine Frida Kahlo, un véritable hommage pour cette peintre mexicaine qui a lutté pour l’émancipation de la femme dans la société mexicaine.

Yasumasa Morimura a repris l’Olympia de Manet en 1988 et 1990, cet avatar faisait partie de la série Self-Portrait As Art History.  Les éléments principaux comme le corps nu allongé sur un lit, la servante noire, le chat, les pantoufles, le bouquet de fleurs, et la séparation de l’arrière-plan en deux registres verticaux distincts sont repris. En revanche les couleurs sont bien plus criardes, en effet nous ne sommes pas dans l’intérieur serein de l’Olympia de Manet. Le lit et le tissu sur lesquels Olympia est allongé sont repris sans modification réel. En revanche le fond est plus agressif, nous avons des successions de couleurs plus vives, comme le doré et l’orange pour la partie gauche, qui font écho au fond marron de l’original. Pour la partie droite c’est un imprimé dans les tons bleus qui reprend le fond noir.

Les personnages présentent également des modifications. L’Olympia arbore une couleur de cheveux blond peroxydé qui tranche avec le fond doré et avec l’original. La servante porte une coiffe don les partie rose font écho à la coiffe de l’Olympia. Quant au chat, il n’est plus dans la position crispée et angoissante de l’original mais se présente comme un maneki-neko ou chat porte bonheur cher à la culture japonaise qui nous rappelle les origines de l’artiste.

Nous pouvons ainsi voir que l’Olympia de Manet est non seulement considérée comme un chef-d’œuvre que l’on pastiche, mais qu’elle est en plus génératrice de nouvelles œuvres d’art aux forme diverses.

           Pour écrire cet article nous nous sommes aidées de quatre sites, Wikipédia, Blogspot, Première et Saatchi Gallery. Les trois premiers n’ont pas bonne réputation, en effet que ce soit Wikipédia ou Blogspot, tout utilisateur peut rédiger un article, ainsi s’il ne cite pas ces sources nous pouvons douter des informations données. L’article de Wikipédia nous renvoie au site officiel de l’artiste (en japonais) et à divers autres sites que nous pouvons considérer comme fiable. Le Blogspot cite ces sources mais les liens sont morts, en revanche il réunit beaucoup d’œuvres de l’artiste, de plus nous comprenons que le but du blogger est de faire découvrir l’œuvre de l’artiste, les informations sont succinctes mais suffisante pour une première entrée dans cet univers particulier. Pour ce qui est de Première, aucun auteur n’est cité, nous ne savons pas qui écrit, il n’y a pas non plus de sources, quant aux hyperliens ils ne renvoient pas au travail de l’artiste mais aux personnes qu’il pastiche.

             Le site de la Saatchi Gallery, ne s’attarde pas sur la vie de l’artiste mais sur son œuvre, ses expositions.  Si nous couplons tous ces sites et toutes ces informations nous nous rendons très vite compte que les informations sont les mêmes, c’est pourquoi nous les avons utilisées.

Flickr

1 Avr

Flickr présentation

Flickr est un site qui permet de mettre des images ou des vidéos en ligne, de les gérer et de les partager. Ces fichiers peuvent provenir de notre ordinateur, du Web, de périphériques mobiles, ou encore de logiciels de gestion de photos.

          Le site s’est fixé deux objectifs,  ils sont expliqués dans leur « à propos ». Le premier est de permettre aux utilisateurs de partager leurs photos avec les personnes de leur choix. Pour ce faire nous pouvons choisir de mettre notre compte Flickr en mode public ou en mode privée. Le second objectif est de  proposer de nouvelles méthodes d’organisation pour ce qui concerne les photos et les vidéos. En effet grâce au site nous pouvons non seulement organiser nos photos dans des albums, mais aussi autoriser les autres utilisateurs à le faire. Ces deniers peuvent également laisser des commentaires. Grâce aux tags que nous associons aux images nous pouvons facilement retrouver nos fichiers à l’aide de l’outil de recherche.

            Flickr fonctionne avec de nombreux autres sites dont WordPress. Nous pouvons en effet ajouter un Widget Flickr à notre blog pour avoir une visionneuse de photographies. C’est ce que nous avons fait, mais comme vous pouvez le constater, la visionneuse n’apparait pas, le Widget Flickr est dans notre cas un lien qui, lorsque l’on clique dessus, nous redirige vers notre galerie sur le site Flickr lui-même.

         Ceci est dû au fait que le site Flickr à juger nos images comme « modérées ». Peu de temps après la création de notre galerie sur Flickr nous avons reçu un e-mail de la part de l’Assistance clientèle Flickr:

« Bonjour Olympia De Manet,

Ce message vous est adressé par l’équipe de défense
contre les abus, vous informant que nous avons attribué le
niveau de sécurité « modéré » à votre galerie. Un
avertissement « modéré » dans votre compte signifie
que certains éléments qui devraient être restreints sont
affichés dans votre galerie.
[…]

Lorsqu’un utilisateur effectue des recherches dans Flickr ou
parcourt le site, il peut filtrer l’affichage en fonction du
niveau de sécurité qu’il souhaite : Recherche sécurisée
activée, modérée ou désactivée. Lors de l’importation
d’infos dans Flickr, vous devez vous assurer d’appliquer les
filtres adéquats (« sécurisé », « modéré » ou
« restreint »). Si vous n’appliquez pas les bons
filtres, il est fort probable qu’un autre membre nous
prévienne. Et c’est pour cela que nous agissons
aujourd’hui.
[…]
Vous devez modérer votre contenu avant d’effectuer une
demande d’évaluation. »

            Après une recherche sur le site lui-même, nous avons appris que toutes images montrant des parties du corps comme les seins ou les fesses devaient être marquées comme modérées. Or dans notre cas il s’agit de peinture c’est pourquoi nous avons été très surpris par la réaction du site.

            Nous avons d’abord pensé que c’était l’œuvre de Yasumasa Morimura, Self-Portrait as Art History, qui posait problème, l’artiste présentant une photographie de corps nu. Nous avons donc appliqué le filtre « modéré » et demandé une réévaluation. Ceci n’a rien changé. Nous avons donc appliqué le filtre « modéré » à toutes les images de nu que nous avions et nous avons encore une fois, demander une réévaluation. Nous sommes toujours dans l’attente d’une réponse.

            Pour contrer ce problème nous avons décidé d’ajouter à notre blog une page « Galerie » où vous pouvez consulter toutes les images dont nous avons fait mention ainsi que toutes les œuvres qui se sont inspirées de l’Olympia de Manet.

Cézanne, La Moderne Olympia

25 Mar

Cézanne, La Moderne Olympia, 1873

            L’Olympia de Manet a eu beaucoup d’impact sur son époque. Elle a non seulement choqué, mais aussi inspiré les contemporains de Manet. Ainsi en 1873(-74), soit dix ans après la réalisation de l’Olympia, Cézanne propose La Moderne Olympia, clairement inspirée de l’œuvre de Manet. Dans cet article je proposerais une rapide biographie de Cézanne, appuyé sur l’article de l’encyclopédie Universalis qui lui est consacré. Ainsi qu’une analyse de l’œuvre elle-même, basé sur l’article de Marguerite Moquet, sur le site du Musée du Luxembourg.

            Paul Cézanne (1839-1906) est né à Aix-en Provence, dans un milieu plutôt bourgeois. C’est par ailleurs à cet endroit qu’il fait ses études au cours desquelles il se lie d’amitié avec Emile Zola. Son père souhaite qu’il fasse des études en droit, mais très vite attiré par le domaine artistique, Cézanne obtient de son père qu’il finance un premier voyage à Paris en 1861. Il étudie à la fois les arts classique au Louvre, et les œuvres de ces contemporains. Il alternera ensuite les séjours entre Aix-en Provence et Paris. Il se marie en 1886 à Hortense Fiquet. Il meurt en 1906, alors qu’il peint sur le motif il est surpris par un orage. Il semble qu’il ait eu un malaise, et soit mort quelques jours plus tard d’une pneumonie.

            Cézanne est un peintre qui connait une grande popularité à partie de 1895. Il s’inscrit dans le mouvement impressionniste mais est également marqué par le romantisme et le réalisme. Son œuvre est fortement marqué par l’amitié qu’il entretient avec Pissarro. Sa démarche de peintre est façonné par la volonté de transcrire esthétiquement une réalité objective. Au cours de sa vie Cézanne a navigué entre la Provence et Paris, mais il semble qu’il soit un peintre plutôt solitaire, ne cherchant pas le contact avec ses contemporains bien qu’il s’en inspire.

            On classe souvent l’œuvre de Cézanne selon trois périodes, sa formation parisiennes et ses années de jeunesses correspondent à la période dite romantique. De 1872 à 1877, c’est la période impressionniste. Rappelons que La Moderne Olympia est peinte en 1873, et donc dans cette période. De 1877 à 1886(-87) c’est la période constructive, il se détache alors du groupe des impressionnistes. De 1886(-87), à la fin de sa vie, c’est la période synthétique.

            On ne connait pas précisément le lien qui unissait Cézanne à Manet, il semble que Manet n’est influencé Cézanne que très tardivement par rapport aux autres peintres contemporains de ces deux artistes.

            Le site Universalis propose toute une série d’articles concernant des sujets divers. Le site possède une classification par genre (art, médecine, astronomie et astrophysique, musique, chimie, …), il nous est également possible de faire une recherche par mot clé. Il nous est possible d’avoir accès au contenu complet des articles uniquement grâce à nos identifiant de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Si nous ne sommes rattachés à aucune université, le site nous propose un essai de 7 jours gratuits, puis un abonnement payant.

            L’article de Marguerite Moquet, nous propose une analyse de l’œuvre de Cézanne par rapport à celle de Manet. L’article a été réalisé à l’occasion d’une exposition, Cézanne et Paris.

            Cézanne a peint quatre versions de la Moderne Olympia, dont deux dessins. La version que nous présentons marque l’appartenance de Cézanne au mouvement impressionniste. Une conversation avec le Docteur Gachet à propos de l’œuvre de Manet serait à l’origine du tableau.

            Si Cézanne s’inspire du sujet de l’Olympia, il le traite très différemment. En effet il s’en inspire, nous retrouvons le personnage nu d’Olympia, la servante noir et même le chat, ce dernier n’est plus sur le lit mais sur le sol, entre la table et le personnage du premier plan. Il s’éloigne cependant de la composition de Manet, en effet les positions d’Olympia et de la servante sont inversées. Il ajoute également un personnage au premier plan, c’est un homme assis, on voit ici une véritable innovation de Cézanne, il place l’artiste dans le même espace que son modèle, le rapport au nu est différent. Le côté érotique est renforcé, en effet Olympia domine la scène, elle surplombe l’homme assis au premier plan.

            Les innovations de Cézanne ne s’arrête pas là, nous pouvons voir que ce tableau est empreint de mouvement, nous pouvons voir, par exemple, la servante qui lève le voile qui cachait Olympia. Le traitement même de l’espace est rendu avec une sorte de « rapidité », qui accentue le mouvement interne du tableau. Nous sommes très loin du calme de l’œuvre de Manet.

            En revanche, comme Manet, ce tableau a choqué. Il est exposé pour la première fois chez Nadar (un photographe) en 1874. Marc de Montifaud dans la revue L’artiste du 1er mai 1874, dira à propos de cette œuvre,  « comme une vision voluptueuse, ce coin de paradis artificiel, a suffoqué les plus braves …et M. Cézanne n’apparaît plus que comme une espèce de fou, agité en peignant du delirium tremens« .

            A l’occasion de l’exposition Cézanne à Paris, le Musée du Luxembourg nous propose un parcours numérique. Ce dernier est constitué de divers articles illustrés. Le parcours commence par la présentation des cinq thématiques relatives à l’exposition : à nous deux Paris ; Paris, la ville hors les murs, du cote d’Auvers : paysages ; La tentation de Paris : La sexualité ; Poser comme une pomme : natures mortes et portraits ; Les voies du silence : derniers séjours en Ile-de-France ; paysages des bords de Marne.

            Chacune des thématiques est ensuite accompagnée de divers articles, le notre se situe dans La Tentation de Paris. De plus aux cinq catégories précédemment évoquées, s’ajoute Les Lieux Cézanniens. Il s’agit d’une carte interactive d’Ile de France, plusieurs lieux sont pointés, et lorsque nous cliquons dessus, une fenêtre s’affiche avec plusieurs œuvres de Cézanne et des explications relatives au lieu et aux œuvres.

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